mercredi 30 avril 2014

Recherche utilisateurs de tablettes à l'école...

Bonjour !

Y'a quelqu'un ???

Je dis ça parce que mon dernier billet date d'octobre 2013, il y a trois siècles numériques, largement assez longtemps pour que mon dernier lecteur se lasse et aille voir ailleurs s'il se passe quelque chose. J'ai des excuses. Je ne vous donne que la meilleure, ça vous fera économiser du temps.

Si vous ne voulez pas connaître ma super excuse, voici un petit lien pour aller directement à l'essentiel.

Cette année j'ai fait un master Architecture de l'Information.

Hé ouais. Ça claque. Architecte de l'information, ça fait tout de suite à la fois la fille qui maîtrise des compétences hypercompliquées et qui fait des choses un peu mystérieuses dans vous-ne-savez-pas-bien-quel-domaine d'ailleurs.
C'est pas faux C'est vrai (1).

Une architecte de l'information, c'est LA personne qu'il faut dans l'éducation nationale pour lutter contre la plateformite aigüe sans pour autant renoncer à aider les profs à intégrer le numérique dans leurs classe et, ce faisant, économiser des centaines de milliers d'euros.

Une architecte de l'information c'est LA personne qu'il faut dans un établissement pour organiser la communication profs / parents / élèves / administration sans multiplier les sites, les adresses, les mots de passe, de façon à ce que chacun y retrouve ses petits. 

Une architecte de l'information c'est LA personne qu'il faut dans les boîtes qui ne savent pas encore vraiment bien comment ils vont faire des trucs numériques pour l'éducation et qui, du coup, dépensent des sous dans des trucs sur lesquels les profs râlent.

Du coup j'ai trouvé un stage facile. Même deux, mais bon, une chose à la fois.

L'essentiel!



Mon stage consiste à penser une solution qui permette l'intégration des tablettes dans l'environnement scolaire (2).

Qui a dit "impossible" ? (3) OK, le défi est intéressant. Et pour le relever, j'ai besoin de vous.
L'architecture de l'information repose sur les besoins, les attentes, les capacités des utilisateurs. Du coup j'ai besoin d'utilisateurs (profs, élèves, parents) des tablettes à l'école (primaire, collège, lycée) qui acceptent de participer à un entretien de 45 mn à une heure. Si vous acceptez, outre ma reconnaissance éternelle, vous aurez droit à la primeur de mes conclusions non logicielles (parce que pour les conclusions logicielles il faut négocier avec mon patron...). Ça vaut le coup non ? Allez, j'attend votre mail à l'adresse cryptée suivante : caroline[point]jouneau_sion[arobase]ens-lyon[point]fr (4).

Bisous, et merci.
Je suis trop contente de vous retrouver !

(1) Ma grande fille regarde Kameloot en boucle en ce moment, je ne peux plus dire "C'est pas faux" sans avoir l'air d'une cruche.
(2) Au sens large : la maison c'est aussi un environnement scolaire si on y pense bien, la cuisine quand les gamins y font leurs devoirs par exemple. La rue est un environnement scolaire si on y fait une super activité de géographie conçue par le prof.
(3) @gduboz, c'est toi ???
(4) Remplacez [point] par . et [arobase] par @. Ah bon vous aviez deviné ? Pfff tout va trop vite ici...

jeudi 3 octobre 2013

Les MOOC, évolution ou révolution ?


 Ce billet a été initialement publié sur le tumblr ouvert pendant le Blend Web Mix. Il est lié à la table-ronde sur les Mooc organisée le 2 octobre durant cet événement, autour de C. Batier, de M. Lebrun et A. Mille.

Il faut commencer par définir les MOOC : ces bêtes-là ne sont pas si nouvelles, vous allez voir. Un mooc c’est un Massive Online Open course. Mais si mais si, vous connaissez déjà : open course, c’est, depuis le moyen âge, des cours que les enseignants donnaient dans les tavernes pour échapper à la censure de l’Eglise. C’est aussi le Collège de France qui accueille tous ceux qui entrent, même les clochards, sans distinction, depuis sa fondation en 1530. C’est enfin plus récemment les universités populaires, et l’université de tous les savoirs qui diffuse ses cours en ligne.
La différence avec les Mooc, c’est le côté massif. Même les cours de Roland Barthes ou d’Yves Coppens ne peuvent se comparer aux 9000 participants du mooc Gestion de projet de Centrale Lille ou des 15000 du mooc HtML 5 de openclassrooms. Et on ne parlera même pas des mooc du MIT aux dizaines de milliers d’apprenants.

Deux grands modèles de Mooc coexistent sur la toile, et se superposent aussi parfois
  •  Le Xmooc suit le modele du cours traditionnel version numerisée (videos du cours, trucs à lire) avec des examens en ligne
. C’est le mooc HTML5 par exemple.
  • Le Cmooc, connectiviste, vise l’apprentissage par les pairs, à l’aide du travail par projets. C’est le Mooc Itypa par exemple, ou le Mooc Economie du Web.

Comment ces moocs sont-ils financés ?

Par des financements universitaires, mais aussi par des capitaux privés et des fondations. Et parfois par… Rien, comme c’etait le cas du Mooc itypa l’an dernier.

Ces Mooc se multiplient : outre Coursera, Edx et Udacity, on voit naître FutureLearn d’initiative britannique pilotée par l’open University. 
En France : itypa, gestion de projet par Remi Bachelet, économie du web par JM Salaün existent déjà, polytechnique et la Sorbonne annoncent des cours. Ce matin la ministre annonçait l’ouverture de la Plateforme FUN qui proposera une vingtaine de mooc.
Lyon est largement leader dans le mouvement des mooc français : la plateforme Claroline Connect pour Itypa saison 2 er elearnest développée à Lyon, le 
Mooc Economie du web
 aussi, et d’autres en préparation à lyon et en Rhône Alpes.

Mais pourquoi maintenant ? Après tout, les technologies qui permettent la publication et meme l’echange existent depuis longtemps. Pour Alain Mille c’est la familiarité avec les outils qui fait que l’offre decours rencontre maintenant un public de gens qui ont une appétence nouvelle pour la connaissance.

Est-ce que ces mooc vont révolutionner l’enseignement ?

Marcel Lebrun se souvient des années 1980 : déjà l’ Enseignement assisté par ordinateur devait révolutionner l’apprentissage. Mais un outil n’a pas de valeur positive ou négative en soi. Enseigner (ce que font les xmooc) n’est pas équivalent à apprendre. il faut donc former les enseignants pour qu’il apprennent à apprendre. Il y a d’avantage une révolution culturelle dans notre rapport à la connaissance.

Pour Christophe Batier se pose la question de la valeur du diplôme face aux certificats. Ce processus de certification commence à s’organiser.

Comment gérer la masse des étudiants ? 


 On passe avec les Mooc du groupe (fermé, hiérarchisé, temporalisé) à la communauté plus large, et même au réseau 
moins hiérarchisé, intergénérationnel, sans temporalité, avec des problématiques liées à la notion de visibilité, de validation par les pairs etc… Ces problématiques nouvelles nécessitent des outils pour visualiser, repérer, identifier les personnes pertinentes sur un sujet…
 sur Claroline, son équipe a imaginé des badges qui permettent de repérer les gens. Pour les obtenir, quelques règles simples : la validation par au moins 10 personnes, ou un certain résultat à des tests… Ils développent aussi des outils d’analyse critique.

Alain Mille présente quelques défis liés aux Mooc. Le premier, c’est d’intégrer ce que l’on sait déjà dans les mooc sans réinventer la poudre. Les chercheurs doivent ouvrir leurs étagères
 ! De son côté ils pratiquent une méthode appelée Design Oriented Research : les chercheurs s’intègrent dans l’equipe de conception donc ouvrent leurs étagères et apprennent aussi de la demarche mooc.
D’autres enjeux tournent autour de l’evaluation, l’engagement, …

Pour Marcel Lebrun, les xmooc sont plutôt dans les savoirs cristallisés. Les cmooc permettent de développer des compétences fluides: travail en équipe, esprit critique, communication. C’est plutot une évaluation formative qui va se mettre en oeuvre sur les mooc. Les apprenants vont devoir montrer leurs compétences dans des produits reconnus par une communauté. Un peu comme les chefs d’œuvre. 
Dans le mooc économie du web, nous révèle Alain Mille, est prévu un cahier de cours un peu particulier pour montrer sa compétence. Un portfolio, Alain ?

Les outils 

Quant aux plateformes qui accueillent les Mooc, c’est LE sujet que maîtrise Christophe Batier. 
Les plateformes utilisées jusqu’à présent sont créées par les universites. Elles sont inadaptées qux mooc : fermées, des “teaching management system” plutôt que LMS. 
Claroline connect a été conçue pour être ouverte, pour permettre de créer du contenu et des groupes de travail, partager, collaborer.

L’éducation devient-elle un marché comme les autres ? Quelle est la place de l’université ? 


Les modèles économiques sont très différents, entre les EU où on s’endette pour payer son diplôme, et la France où le diplôme universitaire est gratuit (hors coûts d’inscription à la fac vous fâchez pas). Mais alors Marcel : quelle place pour le campus ? 
Pour la partie magistrale et transmission on est aussi bien en ligne. Que reste-t-il au campus ? Rien ! Dit Marcel. Rien, sauf à changer les rôles et que les enseignants deviennent des accompagnateurs plus que des transmetteurs. Mais, Marcel, le campus reste un lieu pour devenir adulte et faire la transition avec le monde professionnel, et ça, même en faisant une effort, on imagine mal que ce soit un espace numérique qui joue ce rôle sociologique… Alain Mille va plus loin : pour lui, le savoir universitaire se délivre à l’université et étudiant, c’est une activité à plein temps, pas une activité en pointillé. La preuve : les étudiants ne s’inscrivent pas sur les mooc (moins de 10% des mooceurs) et pas pour leur diplôme

Bref, les moocs c’est pour apprendre tout au long de la vie, l’université pour obtenir un diplôme. Moi je ne parierai pas sur la durée de vie de cette situation.

PS j’aurais pu mettre les liens mais tapez les noms dans google et ça marche aussi :-)

mardi 20 août 2013

Geocaching en classe

Tiens une revenante !
D'accord, je n'ai pas publié ici depuis février 2013 ça fait donc 6 mois. Mais entre-temps j'ai eu deux petites filles très mignonnes mais qui m'ont occupée beaucoup. C'est bon je suis pardonnée ?

Allez, pas de repos pour les braves, entre deux tétées hop hop hop une petite séance de travail avec Nathalie T., super maîtresse de Cycle 3, à propos du Géocaching. Voici le résumé de notre travail du matin. 


GEOCACHING EN CLASSE

Toutes ces propositions ne sont que des pistes qui ne pourront être toutes mises en œuvres dans une classe. Les choix sont fonction des objectifs de l’enseignant. 
Ces propositions sont basées sur la découverte et la création de caches "traditionnelles" mais rien n'empêche de créer une "multi" ou une "mystery".

Résumé : Quelques étapes au minimum :
1- présenter le géocaching et ses règles via le site www.geocaching.com
2- chercher une cache (s’il y en a une à proximité)
3- cacher une cache :
-               choisir un endroit en fonction du thème travaillé en classe et en relever les coordonnées (latitude et longitude)
-               rédiger un descriptif contenant des informations sur le lieu choisi
-               cacher la boite

1- Présentation du géocaching

- Présenter le géocaching en montrant la carte du monde et les quelques règles (Quelles sont les règles du geocaching ?)
1.   Si vous prenez quelque chose de la géocache (ou "cache"), laissez-y quelque chose de valeur égale ou supérieure.
2.   Commentez votre découverte dans le carnet de la cache (logbook).
3.   Enregistrez votre aventure sur www.geocaching.com.)

Note : il faut être connecté avec son pseudo et son mot de passe pour voir la carte

Géographie :
- travail sur la carte des caches
- La carte du géocaching est une carte du patrimoine : elle montre ce que les gens qui cachent des caches ont envie de partager avec d’autres.

Travail au vidéo projecteur "où les gens ont-ils placé des caches et pourquoi" :
o       Histoire (lieux et événements)
o       Géographie et sciences (lieux particuliers comme la faille de Saint Jean des Vignes, paysages à regarder...),
o       Patrimoine (architecture, jolis bâtiments, savoir-faire...)
 exemple les lavoirs en pierre dorée de Nuelles, Saint-Germain, Alix, Chessy etc... ça peut être aussi un produit dont on est fier comme le vin, le miel…

Education aux medias et aussi à la lecture de cartes
Faire remarquer qu'il y a des endroits avec beaucoup de caches et faire réfléchir à pourquoi

Exemple en centrant la carte sur Lyon par exemple :
Lyon ville touristique a bien sûr beaucoup de caches, de même que d'autres jolis endroits autour liés au tourisme mais aussi à des activités de loisir (parcs divers et variés). Mais aussi des endroits un peu moins touristiques (Tassin la demi-lune, Ecully...) parce qu'il y a plusieurs personnes qui se connaissent et qui se créent des caches les uns pour les autres.

C'est comme quand on tape "restaurant" dans google maps : on trouve non pas TOUS les restaurants mais ceux qui se sont signalés à Google où ceux dont on parle sur internet. En premier ceux qui ont payé google pour faire de la pub.  

A la rigueur, un restaurateur pourrait créer une cache tout près de son restaurant pour attirer de nouveaux clients ! 
Conclusion : la carte n’est pas un reflet de la réalité mais des choix opérés par certaines personnes. Pour le géocaching, des gens ont choisi des lieux qu’ils ont envie de montrer. Certains seront intéressants, d’autres pas du tout.

2-    Chercher une cache :

-               Préparer une fiche avec le descriptif de la cache, l’indice et la carte ou la photographie aérienne (ou les deux, en fonction de ce que l’on veut travailler avec les élèves).

Si la cache porte le nom de l’endroit qu’il faut chercher, les élèves n’auront pas besoin de la carte. Dans ce cas, donner d'abord la carte et / ou la photographie aérienne avec le symbole de la cache dessus, et faire trouver de quel bâtiment il s'agit, avant de donner le descriptif. 

- En classe ou à la maison : faire chercher les mots de vocabulaire difficiles contenus dans le descriptif de la cache.

Ensuite sortie pour chercher la cache. Insister sur le fait de respecter la boite : faire un échange et non prendre sans remettre, bien recacher pour que personne ne le trouve par hasard et fasse disparaître la cache...

3-    cacher une cache : 

-               Faire ramener des boites étanches de différentes tailles

- Les élèves choisissent un endroit sur le thème travaillé en classe (ou qu'ils choisissent)

exemple : la 1ère GM en lien avec ton programme d'histoire

-               Sortie : Choisir un endroit où cacher la boîte près du lieu choisi, repérer les coordonnées précises (latitude et longitude) et rédiger un indice.  


- Sciences : comment fonctionne un GPS ?
 vidéos ici  mais il y en a sûrement d'autres, mieux... Merci de me les indiquer en commentaire.

Histoire 
-               Les élèves rédigent le texte de la cache, un texte informatif sur le lieu choisi.  
-               Les élèves rédigent l’indice qui permet de trouver le lieu précis de la cache, celui où la boîte est cachée.

- Constituer le contenu de la boite avec le texte de présentation du Géocaching, le logbook, le crayon et quelques "trésors" en fonction de la taille de la boîte. 
- Créer la cache sur le site internet www.geocaching.com
- Noter le numéro de la cache sur le logbook ainsi que le nom du "cacheur" (ecolenuelles)
- Cacher la boîte

Et voilà ! 
Pour la suite : présenter la cache aux élus (les faire chercher ? ;-)) pour ensuite les faire parler de leur rôle dans la commune. 

Education aux medias et aux usages d’internet (B2i !!!)
Travailler le profil de la classe sur le site Géocaching.com
-               rédiger le descriptif du profil
-               prendre une photo
-               regarder les informations contenues dans le profil : qui peut les voir, qu’est-ce que les gens peuvent apprendre sur nous (le lieux où on se trouve à un moment donné.

Exemple : si je trouve plein de caches à Marseille alors que j’ai écrit que j’habite Nuelles c’est que je ne suis pas chez moi, je suis à Marseille. Si c’est mon patron qui m’envoie à Marseille il peut voir que je fais du géocaching au lieu de travailler.

mercredi 20 février 2013

Soutien à la liberté de la recherche ... et à Bruno Deffains

"Il est 6h50. On sonne à votre domicile. Vous ouvrez, les policiers sont là. Un huissier vous met en demeure de laisser un expert informatique procéder à des recherches dans le disque dur de votre ordinateur. Vous avez alors le loisir de lire ce que l'on vous reproche : avoir publié dans la presse un article qui a déplu à une puissante société commerciale.

Vous ne rêvez pas, c'est ce qui est arrivé récemment à Bruno Deffains, professeur d'économie à l'Université Panthéon-Assas. Une requête auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris, visant au dépôt d'une plainte pour « dénigrement » a abouti à cette détestable matinée.
Le débat éclairé et loyal, l'argumentation fondée sur des faits établis et des théories étayées n'est pas seulement un exercice intellectuel. Il s’agit surtout d’un élément central du fonctionnement de toute démocratie. Il n'est pas nécessaire de partager les conclusions de l'étude de Bruno Deffains pour s'indigner des procédés intimidants dont on a fait usage à son endroit. "
(extrait du texte de la pétition de soutien  B. Deffains)

Cette situation nous concerne tous, et cette mésaventure pourrait nous arriver, si nous ne faisons rien... C'est pourquoi je vous invite à signer la pétition de soutien à Bruno Deffains, en ligne ici.

Pour s'informer avant de signer :

Le Nouvel Observateur

Libération

Le Figaro étudiant


Vous pouvez vous faire une idée des aspects économiques du débat en consultant l'interview croisée de Bruno Deffains et David Thesmar dans les Echos


et l'article initial (à l'origine de cette affaire)

NB : L'adresse de la pétition a changé, pour des raisons techniques. Merci de la re-signer si vous l'aviez déjà signée !


jeudi 11 octobre 2012

éMOOCion

Ayé. J'ai mis le pied dans le Mooc... Pourvu que ça porte bonheur ! Il y a quelques mois, Jean-Marie Gilliot et Christine Vaufrey avaient lancé l'idée : organiser le 1er Massive Online Open Course français. Et puis à la rentrée, alors que le Master Architecture de l'Information a pris son rythme de croisière, v'la t'y pas que je dois analyser un système d'apprentissage en ligne pour l'une des UE. La veille, le Mooc Itypa (Internet, Tout Y Est Pour Apprendre) a été lancé, et mes camarades (je vous en ai déjà parlé : les jeunes, beaux, dynamiques, intelligents étudiants du master #archinfo) ont décidé de pallier les insuffisances de notre Moodle en organisant un environnement d'apprentissage expérimental utilisant Google, et voilà, j'ai plongé, je me suis inscrite au MOOC. C'est pas comme si j'avais pas le temps.
Mais je n'y suis pas allée seule : avec moi, les géniaux (je pèse mes mots) Quentin et Ghita, ont envie de découvrir à la fois le sujet (c'est vrai ça : comment peut-on organiser son propre environnement d'apprentissage en ligne ?) et de découvrir ce qu'est un  MOOC : comment ça marche ? Comment on y apprend ?
Ce soir, en bons retardataires, c'est notre premier direct. Je suis au loin, dans un Starbuck pour trouver la connexion qui me donnera accès à la visioconférence, Quentin est à Lyon, et avec (combien ?) des tas d'autres ça discute pratiques numériques pour apprendre.
Une fois la visio terminée, je prends la perche tendue au vol : Sur Youtube, j'enregistre ma vidéo de présentation. C'est inaudible (merci les gens de faire chut quand j'enregistre, et non madame, on ne fait pas fonctionner le percolateur quand ma caméra tourne !) et ça coupe avant la fin (Youtube ma censurée !). Mais je trouve ça génial de montrer qu'on peut apprendre dans un café, qu'on peut participer depuis un café bref, que nous vivons une époque moderne (oui oui c'est une citation de Philippe Meyer).

Mes petits camarades et moi-même publierons un blog spécial pour raconter nos aventures. Ça pourrait s'appeler : "On se MOOC de nous" ! ;-)))

* Y'a quelque

lundi 1 octobre 2012

Leçon de morale


Je vais vous raconter ma journée. Pas parce qu’elle est passionnante, non, mais parce que perdre son temps ça aide aussi à comprendre le monde.

De l’intérêt d’être gentil avec les gens


Aujourd’hui lundi, c’est ma journée Institut Français de l’éducation + master Architecture de l’Information. Tout ça se passe à Lyon, dans les divers sites de l’ENS à Gerland. Depuis ma campagne beaujolaise, je prends donc le TER, et ça se passe plutôt bien en général*. Mais pas ce matin.
Parce que ce matin à 7h20 le TER était déjà là, déjà bondé, rapport aux deux trains précédents qui avaient été supprimés par surprise pour causes matérielles. N’empêche que le train est parti à l’heure, 7h29 pile, est passé à l’heure aux deux gares suivantes jusqu’à ce que ….
Jusqu’à ce qu’un voyageur insulte le conducteur du TER. Il était sûrement énervé, en retard au travail,  et il a confondu son sauveur (le conducteur du train qui avait fait rouler celui-là malgré les ordres de rester au dépôt, béni soit-il) avec son tortionnaire, bien à l’abri dans son bureau.
Ben il a tout perdu : le conducteur s’est vexé, a croisé les bras et refusé de repartir. Nous sommes restés à l’arrêt jusqu’à ce que le conducteur du train suivant vienne raccrocher ses wagons et prendre les commandes. Merci voyageur énervé, on a tout perdu avec toi.  

Moralité : 

1- Un conducteur de TER est un être humain sensible. 

Lui c'est Bruno, conducteur TER en Poitou-Charente (source www.maligne-ter.com/)

2- Même quand tu es énervé, sois gentil avec les gens sinon ça te retombe sur le nez. Et même rigole avec les gens, tu vivras plus vieux après avoir pris du bon temps.

Je vous passe l'épisode suivant, celui de l’arrêt total de la ligne D du métro lyonnais, le voyageur qui a fait un malaise n’a certainement pas eu le temps d’être désagréable avec quiconque.

De la nécessité d’être connecté dans un cours en ligne qui insiste sur la collaboration

Cet après midi, je retrouvais mes (super) collègues étudiants du master architecture de l’information. Il faut que vous imaginiez une douzaine d’étudiants jeunes, beaux, dynamiques et bosseurs, enthousiastes et tout sauf individualistes**. Et un super master basé sur la pédagogie de projet et le travail collaboratif, le tout en partie à distance.

Allez, un cadeau à qui me reconnaît sur la photo !
 Nous avons donc une salle propre (bientôt magnifique) sur le site Descarte de l’ENS de Lyon, avec un wifi… comment dire ? Si je vous dis famélique, vous avez une vague idée. Et des prises  ethernet toutes neuves que les équipes techniques tardent à brasser. Sans connexion, pas d’accès à nos superbes documents collaboratifs pour organiser la suite du travail de mise en ligne de notre superbe reportage collectif sur le e-learning, avec des interview en vidéo et tout et tout, à voir très bientôt sur le blog http://archinfo14.hypotheses.org. D’ailleurs ce serait gentil d’aller voir d’ici dimanche prochain et de laisser vos comm’, notre évaluation en dépend. Merci d’avance.
Qu’à cela ne tienne,  nous voilà partis explorer les 3 sites de l’ENS de Lyon séparés tout au plus d’un seul petit kilomètre, heurtant au passage des obstacles administratifs tout à fait fascinants. Personnellement j’ai (lâchement) renoncé au bout d’une heure. Mais mes camarades ont continué leur quête, avides de pouvoir enfin s’organiser pour rendre un travail collectif, fouillé, propre, beau, wouaouw. Je n’en  connais pas beaucoup des comment ça. 

Moralité

Si on veut faire travailler ses élèves / étudiants*** en groupes et en utilisant les outils et ressources numériques, il vaut mieux s’assurer qu’ils aient à disposition les moyens de travailler sans galère. Parce qu’il n’y a rien de plus énervant et démobilisant que d’avoir un projet passionnant à mener à bien avec des gens formidables, et de voir son élan brisé par les problèmes techniques et les conneries administratives. Pour nous, adultes mobiles et autonomes c’est pas grave, on va y arriver. Mais je n’ai pu m’empêcher d’avoir une pensée pour nos élèves en TPE qui se retrouvent face à une salle info bondée, une connexion pourrie et un CDI aux ressources insuffisantes. Ils ont le droit de trouver que l’éduc’ nat abuse grave. Garder des élèves (et des étudiants) motivés, ça se mérite, ça se travaille. Alors les collectivités, équipez vite les établissements de davantage de postes-élèves parce que nos élèves vont venir avec leur matériel, ses virus, vos failles de sécurité. Et vous, les techniciens de l’ENS, branchez-nous vite nos prises ethernet parce que là, on se fatigue. 

Bon allez, je rentre. P… de journée.

* sauf quand y’a le gars qui sent mauvais. Vous savez, mes twitterfriends : celui qui a des polos Lacoste et qui lit La Vie ?
** heureusement que je suis moi aussi dans cette promo autrement on se croirait dans un roman de Vernon Sullivan.
*** Je ne dis pas « apprenants » parce que mon copain Jacques n’aime pas ça. Et moi j’aime bien mon copain Jacques.

mardi 18 septembre 2012

De la liberté d'esprit de la jeunesse...

Cette année je vis une expérience du troisième type* : j'ai une classe de terminale par demi-groupe une heure tous les quinze jours, pour "enseigner" une matière qui n'est pas évaluée au bac, et pour laquelle je n'ai pas eu de formation (vu que j'ai toujours refusé de faire le stage "éducation à la défense" organisé par ... l'armée, moi qui rêve de parler aussi défense passive et résistance pacifique). Un cours d'ECJS.

Ce groupe aujourd'hui avait l'air assez peu motivé pour me suivre en ECJS dans la salle 122. Faut dire, des jeunes de 17 ou 18 ans qui passent le bac à la fin de l'année, qui n'ont pas trop de problème de survie (je vis dans le monde de Oui Oui, statistiques sociales au plus haut), on leur demande de passer une heure dans une salle minuscule pour parler de :
- thème 1 : la bioéthique
- thème 2 : Pluralisme des croyances et des cultures dans une république laïque
- thème 3 : Argent et société
- thème 4 : Violence et société.

Personnellement, discuter sur ces questions de société me plairait assez, mais eux, je lisais sur leur visage l'ennui profond avant même d'avoir annoncé le menu.

L'un d'entre eux, nonchalant et encapuché (ça fait style chuis décontracté, ça met l'ambiance) tente sans même y croire : "Allez, on a qu'à faire cours dehors !".

Hé hé

C'est à moi qu'il parle.

Alors on a fait cours dehors. Sur les poufs de l'arbre à pouf (un truc du 1% culturel qui s'avère utile, au moins, j'ai pas eu les fesses mouillées. Mais je ne peux pas mettre de photo, propriété intellectuelle oblige), sur la pelouse. En bonne fonctionnaire, j'ai présenté le cadre impératif (l'horaire, la présence, le programme) et aussi (en bonne pédago) les espaces de liberté qu'on pouvait s'y créer. La nécessité de trouver dans ce cours un intérêt pour ne pas s'ennuyer : le sujet, la forme, du débat au film en passant par la webradio...

Et puis j'ai posé la question qui tue :  

"Et vous, parmi les questions de société, qu'est-ce qui vous intéresse ?" 

  Argh. Regards vides**

Ben oui quoi, à 18 ans on trouve le monde parfait et on a envie de se jeter dedans ! Devant mon air mi-interloqué, mi-désespéré (là, j'exagère : c'est tous les ans pareil, mais je ne m'habitue pas quand même), l'un d'entre eux dit : "Ouais, on est formatés par la société. On a pas le choix".



Alors je me suis énervée (gentiment, hein, avec le sourire). Emballée.
 On était quand même en cours.
 L'année du bac.
 Sous la responsabilité d'une fonctionnaire, de 13 ans d'ancienneté, 39 ans, mère de famille de surcroît.
Sur la pelouse.
 Sous la pluie.

Alors j'ai interdit à chacun d'entre eux de se laisser formater - sauf à celui qui trouverait éventuellement que c'est un but dans la vie. Vive la liberté.

"Les jeunes, que j'ai dit, OK vous avez des cadres. OK vous avez des obligations, des contraintes. Et alors ? Vous allez laisser les autres vous dicter ces contraintes sans essayer de les négocier, les discuter, les construire ?" (Je n'ai pas dit 'les renverser'. C'est mon côté réformiste). "

 Et là, d'un coup, ils ont parlé. Choisi un sujet. La violence de l'école. "Mais on n'écoute jamais les élèves" a regretté l'un d'eux. Sauf que non. Je m'y engage. Les gars et la fille (oui, une seule fille dans ce groupe, mais ça n'a rien à voir avec le reste), je vous promets que si vous exprimez vos critiques et vos propositions sur le système scolaire qui vous a porté jusqu'en terminale, elles seront entendues. Sur le site de la Refondation pour commencer, et sur les réseaux sociaux. Sur les blogs. Dans les Cahiers Péda. Sur le site d'e.l@b. Celui des Nouveaux Etudiants. Dans les fils twitter des mes collègues, de nos amis du minstère. Parce que, chers élèves de Terminale, vous êtes compétents pour parler du système scolaire, ça rentre dans le cadre du programme d'ECJS (La violence et les jeunes), dans l'horaire imparti, et ça peut être utile.



Tiens, je suis fière de vous. Vous avez libéré votre esprit. Reste plus qu'à le faire voguer !

 * 1er type : j'ai une classe 5 heures par semaine pour faire de l'histoire, de la géo, de l'Education Civique Juridique et Sociale (ECJS) et de l'Accompagnement Personnalisé (AP); 2ème type j'ai des élèves issus de plusieurs classes 2 heures par semaine pour faire de l'histoire et de la géo.
 ** A part les deux élèves aux yeux brillants de l'envie de changer le monde. Qu'ils soient (laïquement) bénis.