mardi 26 août 2014

Ludovia #11 ou la salade de fruits du numérique

J'ai retrouvé Ludovia (après une pause pouponnage) avec un plaisir décuplé. D'abord parce que c'est l'été et que ça, en août 2014, c'est grand luxe. Mais pas que...


Je viens à Ludovia depuis au moins 5 ans, et même si j'ai adoré le mélange des publics, l'ambiance festive, l'accueil des Aurélies, de Laurence et autres membres de l'équipe menée par Eric Fourcaud (c'est le côté sucré et coloré de ma salade de fruit), je dois avouer que j'étais un peu lassée des tables-rondes interminables et pontifiantes, des conférences sous un chapiteau inconfortable et des barcamp aux assistances passives.
Mais Ludovia 2014 (On dit Ludovia #11, parce que c'est la 11ème édition) m'a reconquise. Comme la table-ronde inaugurale ne le laissait pas deviner, Ludovia a changé de formule pour aller vers la simplicité : plus de biathlon numérique, plus d'activité ludique, je pourrais râler (j'avais adoré la balade à cheval en 2012 et le trail de montagne en 2011 !) mais j'ai le temps de papoter avec Laurence Juin, François Jourde, Bruno Devauchelle, Pascal Nodenot, Virginie Paillas, Christophe Batier, Lyonel Kaufmann, Jean-François Cerisier entre autres co-colloqueurs. Et je ne connais pas d'autre colloque où j'ai l'impression d'être la meilleure pote de ces gens-là tout en discutant de ressources numériques, de mobilité, d'équipement numérique et de pédagogie. C'est bon pour l'ego, c'est moi qui vous le dis !

Hier soir, le débat animé par Bruno Devauchelle était tout à fait dans cette veine. Une ouverture théâtralisée a permis de lancer une analyse croisée du travail de Bibliothèque sans Frontière pour adapter à la francophonie le travail de la Khan Akademy. Jean-François Cerisier pour un éclairage centré sur les usages du numérique dans le champ éducatif, Dominique Cardon pour les aspects plus informatiques et Jean-Mars Merriaux pour les aspects éditoriaux. Un compte-rendu est en cours, je ne vous en dis pas plus, mais la discussion a fait émerger des éléments d'analyse des outils destinés à l'éducation vraiment pertinents.

J'ai eu un peu peur ce matin en constatant que la table-ronde avait repris sa forme conventionnelle, quoi que moins surpeuplée que les années précédentes. Est-ce parce que le chapiteau est moins confortable que l'amphi du Casino ? En tout cas une véritable discussion a remplacé la traditionnelle succession des présentations. Un enseignant du premier degré, une enseignante-chercheuse à l’Université Autonome de Mexico, Alain Thillay pour la DNE, Jennifer Elbaz de la société BrainPop et une représentante du Groupe EDITIS ont donc parlé ressources, accès aux ressources, production de ressources, modification de ressources, rôle des ressources numériques ... jusqu'à la n-ième présentation d'Eduthèque qui m'a fait lâcher l'affaire.

Bien m'en a pris. J'ai pu trouver un siège devant la table surpeuplée de François Jourde lors de l'explorcamp. C'est qu'il présentait son travail formidable sur le manuel augmenté. Il utilise Aurasma (gratuit et sur demande une licence premium pour les enseignants) pour ajouter à son manuel de philo des ressources complémentaires conçues par lui ou par ses élèves. Concrètement, ses élèves ouvrent l'application Aurasma pour scanner une page du manuel, et voient apparaître à certains endroits de la page des vidéos, des images, des icônes qui déclenchent des vidéos ou mènent sur des liens extérieurs, sites ou quizz. Ce qu'il a montré sur le manuel peut être fait avec des copies, la salle de classe ou n'importe quelle partie du monde réel, le tout avec une apparente facilité. Je suis impatiente de tester, et pour en savoir plus c'est ici.


J'ai vu aussi plusieurs enseignants montrer comment ils créent les capsules qu'ils utilisent en classe inversée, avec des Tellagami ou des vidéos créées avec Adobe Voice. Parmi eux, la charmante Marie Soulié.
Une collègue prof doc a enfin attiré mon attention avec la création d'une application de bibliothèque virtuelle au lycée, conçue avec AppYet.

Bon je vous laisse, j'ai un autre Explorcamp à écouter avant le barcamp de @frompennylane et @Batier.

lundi 25 août 2014

Résultats d'enquête "tablettes à l'école" 1/5 : les dispositifs matériels

Chose promise, chose dûe. J'ai demandé il y a quelques mois des volontaires pour répondre à mon enquêtes sur les usages des tablettes à l'école. Vous êtes une vingtaine à avoir accepté de participer à un entretien d'une petite heure et c'était passionnant. J'ai découvert des enseignants investis, passionnés, toujours en recherche du mieux pour les élèves. Et j'ai été effrayée de découvrir combien les conditions étaient difficiles pour enseigner avec des tablettes. Enseigner avec le numérique, c’est déjà compliqué : c’est intégrer dans un écosystème déjà riche de personnalités diverses, de conditions matérielles éclectiques, de contenus scientifiques parfois costaud, de points de didactiques délicats, un matériel qui marche parfois très bien (!!!) et une ouverture sur l’extérieur qui fait peur. Mais les tablettes… C’est plutôt une affaire de profs motivés ! Allez, je vous raconte ce que j'ai appris, avec l'idée d'en tirer quelques leçons sur les différentes façons d'intégrer les tablettes dans la classe.

Ce premier billet présente les différents dispositifs "tablettes" que j'ai rencontrés. Je raconterai dans un autre billet la façon dont les enseignants intègrent les tablettes dans leur dispositif d'enseignement. Je pense qu'il faut aussi raconter les difficultés qu'on rencontrées les enseignants et la façon dont ils ont surmonté les difficultés. Je terminerai par un bilan des besoins des enseignants et des préconisations de choix et d'organisation des tablettes.

Combien de tablettes ? 
Dans les classes, les dispositifs vont de une tablette pour le prof ou pour la classe à une tablette par élève.
  •  La tablette de l'enseignant, qu'il transporte avec lui entre ses classes, voire entre ses établissements (oui oui, il y a de plus en plus d'enseignants sur plusieurs établissements, de plus en plus de TZR, tout ces trucs hyper pratiques pour construire des projets, des pratiques de classe tout ça). 
  • La tablette de la classe, dont les élèves s'emparent plus ou moins régulièrement, que l'enseignant a gagnée, que l'école a achetée, qu'un parent a donnée...
  • Quelques tablettes obtenues, achetées, prêtées, d'OS parfois différents (la palme revient au collègue qui a deux Ipad, quelques tablettes windows, quelques Kindle Fire et des ipod touch). 
  • Une malette de 12, 15, 18 ou 20 tablettes soit une tablette pour deux, stockées dans un endroit qui permet théoriquement à chacun d'y accéder : la salle des maîtres, le CDI
  • une tablette par élève en classe, souvent dans deux mallettes très lourdes qu'il faut transporter entre son lieu de stockage et la classe.
  • une tablette qui est donnée pour l'année à chaque élève (merci le conseil général).

Et la connexion ? 
Les tablettes sont utilisées en classe comme des outils de création de contenus (photos, vidéos, texte, livres...) mais aussi de consultation. La connexion est donc importante. Souvent, les mallettes de tablettes sont donc accompagnées d'une borne wifi, parfois d'un ordinateur. Parfois, la salle de classe est équipée plus ou moins officiellement d'un wifi qui permet aux tablettes de se connecter. Mais il arrive aussi trop souvent que la direction de l'établissement interdise le wifi, ce qui rend un peu compliquée l'utilisation des tablettes. Mais pas impossible, remarquez bien, j’ai rencontré des débrouillards de chez débrouillards qui faisaient des merveilles : utiliser son téléphone personnel comme une antenne wifi lorsque son abonnement le permet, imaginer une utilisation déconnectée en classe, quitte à amener les tablettes chez lui pour trouver une connexion, ou monter un réseau inter-tablettes assez hallucinant d’inventivité (j’en parle dans le billet suivant).

Par ailleurs, les tablettes sont souvent connectées au vidéo projecteur soit directement par un cable (ce qui limite la mobilité) soit par bluetooth, soit via l'ordinateur. Ou alors pas du tout. Je n'ai pas rencontré d'enseignant utilisant une piratebox (un dispositif qui fait serveur et réseau wifi au sein de la classe) mais ça doit exister… 

Où trouver ce matériel ? 
L'origine du matériel n'est pas plus homogène que le reste. Si l'éducation nationale était nationale, ça se saurait. Chacun (qui est du métier) sait que le matériel est à la charge des collectivités. Parfois donc les tablettes sont fournies par le conseil général ou la région à chaque élève sans qu'aucun prof n'ait rien à demander ni rien à choisir d'ailleurs. Ailleurs, il faut répondre à un appel à projet de la collectivité, choisir son matériel et l'organisation du dispositif. Les CRDP (pardon : Canopée) prêtent aussi du matériel pour une période de 7 semaines en général, entre deux vacances. Certains établissements financent également les tablettes sur fond propre. Enfin, certains collègues dégourdis ont réussi à se faire prêter des tablettes par un établissement voisin qui ne savait pas quoi en faire (si si ça existe).


Les tablettes semblent être le dernier cri en matière d’équipement numérique des établissements scolaires. C’est en tout cas l’équipement le plus médiatique. Mais le passage de l’objet tablette dans les pratiques des enseignants et dans les mains des élèves est loin d’être facile. Je vous raconte ça dans un autre billet. 

mercredi 30 avril 2014

Recherche utilisateurs de tablettes à l'école...

Bonjour !

Y'a quelqu'un ???

Je dis ça parce que mon dernier billet date d'octobre 2013, il y a trois siècles numériques, largement assez longtemps pour que mon dernier lecteur se lasse et aille voir ailleurs s'il se passe quelque chose. J'ai des excuses. Je ne vous donne que la meilleure, ça vous fera économiser du temps.

Si vous ne voulez pas connaître ma super excuse, voici un petit lien pour aller directement à l'essentiel.

Cette année j'ai fait un master Architecture de l'Information.

Hé ouais. Ça claque. Architecte de l'information, ça fait tout de suite à la fois la fille qui maîtrise des compétences hypercompliquées et qui fait des choses un peu mystérieuses dans vous-ne-savez-pas-bien-quel-domaine d'ailleurs.
C'est pas faux C'est vrai (1).

Une architecte de l'information, c'est LA personne qu'il faut dans l'éducation nationale pour lutter contre la plateformite aigüe sans pour autant renoncer à aider les profs à intégrer le numérique dans leurs classe et, ce faisant, économiser des centaines de milliers d'euros.

Une architecte de l'information c'est LA personne qu'il faut dans un établissement pour organiser la communication profs / parents / élèves / administration sans multiplier les sites, les adresses, les mots de passe, de façon à ce que chacun y retrouve ses petits. 

Une architecte de l'information c'est LA personne qu'il faut dans les boîtes qui ne savent pas encore vraiment bien comment ils vont faire des trucs numériques pour l'éducation et qui, du coup, dépensent des sous dans des trucs sur lesquels les profs râlent.

Du coup j'ai trouvé un stage facile. Même deux, mais bon, une chose à la fois.

L'essentiel!



Mon stage consiste à penser une solution qui permette l'intégration des tablettes dans l'environnement scolaire (2).

Qui a dit "impossible" ? (3) OK, le défi est intéressant. Et pour le relever, j'ai besoin de vous.
L'architecture de l'information repose sur les besoins, les attentes, les capacités des utilisateurs. Du coup j'ai besoin d'utilisateurs (profs, élèves, parents) des tablettes à l'école (primaire, collège, lycée) qui acceptent de participer à un entretien de 45 mn à une heure. Si vous acceptez, outre ma reconnaissance éternelle, vous aurez droit à la primeur de mes conclusions non logicielles (parce que pour les conclusions logicielles il faut négocier avec mon patron...). Ça vaut le coup non ? Allez, j'attend votre mail à l'adresse cryptée suivante : caroline[point]jouneau_sion[arobase]ens-lyon[point]fr (4).

Bisous, et merci.
Je suis trop contente de vous retrouver !

(1) Ma grande fille regarde Kameloot en boucle en ce moment, je ne peux plus dire "C'est pas faux" sans avoir l'air d'une cruche.
(2) Au sens large : la maison c'est aussi un environnement scolaire si on y pense bien, la cuisine quand les gamins y font leurs devoirs par exemple. La rue est un environnement scolaire si on y fait une super activité de géographie conçue par le prof.
(3) @gduboz, c'est toi ???
(4) Remplacez [point] par . et [arobase] par @. Ah bon vous aviez deviné ? Pfff tout va trop vite ici...

jeudi 3 octobre 2013

Les MOOC, évolution ou révolution ?


 Ce billet a été initialement publié sur le tumblr ouvert pendant le Blend Web Mix. Il est lié à la table-ronde sur les Mooc organisée le 2 octobre durant cet événement, autour de C. Batier, de M. Lebrun et A. Mille.

Il faut commencer par définir les MOOC : ces bêtes-là ne sont pas si nouvelles, vous allez voir. Un mooc c’est un Massive Online Open course. Mais si mais si, vous connaissez déjà : open course, c’est, depuis le moyen âge, des cours que les enseignants donnaient dans les tavernes pour échapper à la censure de l’Eglise. C’est aussi le Collège de France qui accueille tous ceux qui entrent, même les clochards, sans distinction, depuis sa fondation en 1530. C’est enfin plus récemment les universités populaires, et l’université de tous les savoirs qui diffuse ses cours en ligne.
La différence avec les Mooc, c’est le côté massif. Même les cours de Roland Barthes ou d’Yves Coppens ne peuvent se comparer aux 9000 participants du mooc Gestion de projet de Centrale Lille ou des 15000 du mooc HtML 5 de openclassrooms. Et on ne parlera même pas des mooc du MIT aux dizaines de milliers d’apprenants.

Deux grands modèles de Mooc coexistent sur la toile, et se superposent aussi parfois
  •  Le Xmooc suit le modele du cours traditionnel version numerisée (videos du cours, trucs à lire) avec des examens en ligne
. C’est le mooc HTML5 par exemple.
  • Le Cmooc, connectiviste, vise l’apprentissage par les pairs, à l’aide du travail par projets. C’est le Mooc Itypa par exemple, ou le Mooc Economie du Web.

Comment ces moocs sont-ils financés ?

Par des financements universitaires, mais aussi par des capitaux privés et des fondations. Et parfois par… Rien, comme c’etait le cas du Mooc itypa l’an dernier.

Ces Mooc se multiplient : outre Coursera, Edx et Udacity, on voit naître FutureLearn d’initiative britannique pilotée par l’open University. 
En France : itypa, gestion de projet par Remi Bachelet, économie du web par JM Salaün existent déjà, polytechnique et la Sorbonne annoncent des cours. Ce matin la ministre annonçait l’ouverture de la Plateforme FUN qui proposera une vingtaine de mooc.
Lyon est largement leader dans le mouvement des mooc français : la plateforme Claroline Connect pour Itypa saison 2 er elearnest développée à Lyon, le 
Mooc Economie du web
 aussi, et d’autres en préparation à lyon et en Rhône Alpes.

Mais pourquoi maintenant ? Après tout, les technologies qui permettent la publication et meme l’echange existent depuis longtemps. Pour Alain Mille c’est la familiarité avec les outils qui fait que l’offre decours rencontre maintenant un public de gens qui ont une appétence nouvelle pour la connaissance.

Est-ce que ces mooc vont révolutionner l’enseignement ?

Marcel Lebrun se souvient des années 1980 : déjà l’ Enseignement assisté par ordinateur devait révolutionner l’apprentissage. Mais un outil n’a pas de valeur positive ou négative en soi. Enseigner (ce que font les xmooc) n’est pas équivalent à apprendre. il faut donc former les enseignants pour qu’il apprennent à apprendre. Il y a d’avantage une révolution culturelle dans notre rapport à la connaissance.

Pour Christophe Batier se pose la question de la valeur du diplôme face aux certificats. Ce processus de certification commence à s’organiser.

Comment gérer la masse des étudiants ? 


 On passe avec les Mooc du groupe (fermé, hiérarchisé, temporalisé) à la communauté plus large, et même au réseau 
moins hiérarchisé, intergénérationnel, sans temporalité, avec des problématiques liées à la notion de visibilité, de validation par les pairs etc… Ces problématiques nouvelles nécessitent des outils pour visualiser, repérer, identifier les personnes pertinentes sur un sujet…
 sur Claroline, son équipe a imaginé des badges qui permettent de repérer les gens. Pour les obtenir, quelques règles simples : la validation par au moins 10 personnes, ou un certain résultat à des tests… Ils développent aussi des outils d’analyse critique.

Alain Mille présente quelques défis liés aux Mooc. Le premier, c’est d’intégrer ce que l’on sait déjà dans les mooc sans réinventer la poudre. Les chercheurs doivent ouvrir leurs étagères
 ! De son côté ils pratiquent une méthode appelée Design Oriented Research : les chercheurs s’intègrent dans l’equipe de conception donc ouvrent leurs étagères et apprennent aussi de la demarche mooc.
D’autres enjeux tournent autour de l’evaluation, l’engagement, …

Pour Marcel Lebrun, les xmooc sont plutôt dans les savoirs cristallisés. Les cmooc permettent de développer des compétences fluides: travail en équipe, esprit critique, communication. C’est plutot une évaluation formative qui va se mettre en oeuvre sur les mooc. Les apprenants vont devoir montrer leurs compétences dans des produits reconnus par une communauté. Un peu comme les chefs d’œuvre. 
Dans le mooc économie du web, nous révèle Alain Mille, est prévu un cahier de cours un peu particulier pour montrer sa compétence. Un portfolio, Alain ?

Les outils 

Quant aux plateformes qui accueillent les Mooc, c’est LE sujet que maîtrise Christophe Batier. 
Les plateformes utilisées jusqu’à présent sont créées par les universites. Elles sont inadaptées qux mooc : fermées, des “teaching management system” plutôt que LMS. 
Claroline connect a été conçue pour être ouverte, pour permettre de créer du contenu et des groupes de travail, partager, collaborer.

L’éducation devient-elle un marché comme les autres ? Quelle est la place de l’université ? 


Les modèles économiques sont très différents, entre les EU où on s’endette pour payer son diplôme, et la France où le diplôme universitaire est gratuit (hors coûts d’inscription à la fac vous fâchez pas). Mais alors Marcel : quelle place pour le campus ? 
Pour la partie magistrale et transmission on est aussi bien en ligne. Que reste-t-il au campus ? Rien ! Dit Marcel. Rien, sauf à changer les rôles et que les enseignants deviennent des accompagnateurs plus que des transmetteurs. Mais, Marcel, le campus reste un lieu pour devenir adulte et faire la transition avec le monde professionnel, et ça, même en faisant une effort, on imagine mal que ce soit un espace numérique qui joue ce rôle sociologique… Alain Mille va plus loin : pour lui, le savoir universitaire se délivre à l’université et étudiant, c’est une activité à plein temps, pas une activité en pointillé. La preuve : les étudiants ne s’inscrivent pas sur les mooc (moins de 10% des mooceurs) et pas pour leur diplôme

Bref, les moocs c’est pour apprendre tout au long de la vie, l’université pour obtenir un diplôme. Moi je ne parierai pas sur la durée de vie de cette situation.

PS j’aurais pu mettre les liens mais tapez les noms dans google et ça marche aussi :-)

mardi 20 août 2013

Geocaching en classe

Tiens une revenante !
D'accord, je n'ai pas publié ici depuis février 2013 ça fait donc 6 mois. Mais entre-temps j'ai eu deux petites filles très mignonnes mais qui m'ont occupée beaucoup. C'est bon je suis pardonnée ?

Allez, pas de repos pour les braves, entre deux tétées hop hop hop une petite séance de travail avec Nathalie T., super maîtresse de Cycle 3, à propos du Géocaching. Voici le résumé de notre travail du matin. 


GEOCACHING EN CLASSE

Toutes ces propositions ne sont que des pistes qui ne pourront être toutes mises en œuvres dans une classe. Les choix sont fonction des objectifs de l’enseignant. 
Ces propositions sont basées sur la découverte et la création de caches "traditionnelles" mais rien n'empêche de créer une "multi" ou une "mystery".

Résumé : Quelques étapes au minimum :
1- présenter le géocaching et ses règles via le site www.geocaching.com
2- chercher une cache (s’il y en a une à proximité)
3- cacher une cache :
-               choisir un endroit en fonction du thème travaillé en classe et en relever les coordonnées (latitude et longitude)
-               rédiger un descriptif contenant des informations sur le lieu choisi
-               cacher la boite

1- Présentation du géocaching

- Présenter le géocaching en montrant la carte du monde et les quelques règles (Quelles sont les règles du geocaching ?)
1.   Si vous prenez quelque chose de la géocache (ou "cache"), laissez-y quelque chose de valeur égale ou supérieure.
2.   Commentez votre découverte dans le carnet de la cache (logbook).
3.   Enregistrez votre aventure sur www.geocaching.com.)

Note : il faut être connecté avec son pseudo et son mot de passe pour voir la carte

Géographie :
- travail sur la carte des caches
- La carte du géocaching est une carte du patrimoine : elle montre ce que les gens qui cachent des caches ont envie de partager avec d’autres.

Travail au vidéo projecteur "où les gens ont-ils placé des caches et pourquoi" :
o       Histoire (lieux et événements)
o       Géographie et sciences (lieux particuliers comme la faille de Saint Jean des Vignes, paysages à regarder...),
o       Patrimoine (architecture, jolis bâtiments, savoir-faire...)
 exemple les lavoirs en pierre dorée de Nuelles, Saint-Germain, Alix, Chessy etc... ça peut être aussi un produit dont on est fier comme le vin, le miel…

Education aux medias et aussi à la lecture de cartes
Faire remarquer qu'il y a des endroits avec beaucoup de caches et faire réfléchir à pourquoi

Exemple en centrant la carte sur Lyon par exemple :
Lyon ville touristique a bien sûr beaucoup de caches, de même que d'autres jolis endroits autour liés au tourisme mais aussi à des activités de loisir (parcs divers et variés). Mais aussi des endroits un peu moins touristiques (Tassin la demi-lune, Ecully...) parce qu'il y a plusieurs personnes qui se connaissent et qui se créent des caches les uns pour les autres.

C'est comme quand on tape "restaurant" dans google maps : on trouve non pas TOUS les restaurants mais ceux qui se sont signalés à Google où ceux dont on parle sur internet. En premier ceux qui ont payé google pour faire de la pub.  

A la rigueur, un restaurateur pourrait créer une cache tout près de son restaurant pour attirer de nouveaux clients ! 
Conclusion : la carte n’est pas un reflet de la réalité mais des choix opérés par certaines personnes. Pour le géocaching, des gens ont choisi des lieux qu’ils ont envie de montrer. Certains seront intéressants, d’autres pas du tout.

2-    Chercher une cache :

-               Préparer une fiche avec le descriptif de la cache, l’indice et la carte ou la photographie aérienne (ou les deux, en fonction de ce que l’on veut travailler avec les élèves).

Si la cache porte le nom de l’endroit qu’il faut chercher, les élèves n’auront pas besoin de la carte. Dans ce cas, donner d'abord la carte et / ou la photographie aérienne avec le symbole de la cache dessus, et faire trouver de quel bâtiment il s'agit, avant de donner le descriptif. 

- En classe ou à la maison : faire chercher les mots de vocabulaire difficiles contenus dans le descriptif de la cache.

Ensuite sortie pour chercher la cache. Insister sur le fait de respecter la boite : faire un échange et non prendre sans remettre, bien recacher pour que personne ne le trouve par hasard et fasse disparaître la cache...

3-    cacher une cache : 

-               Faire ramener des boites étanches de différentes tailles

- Les élèves choisissent un endroit sur le thème travaillé en classe (ou qu'ils choisissent)

exemple : la 1ère GM en lien avec ton programme d'histoire

-               Sortie : Choisir un endroit où cacher la boîte près du lieu choisi, repérer les coordonnées précises (latitude et longitude) et rédiger un indice.  


- Sciences : comment fonctionne un GPS ?
 vidéos ici  mais il y en a sûrement d'autres, mieux... Merci de me les indiquer en commentaire.

Histoire 
-               Les élèves rédigent le texte de la cache, un texte informatif sur le lieu choisi.  
-               Les élèves rédigent l’indice qui permet de trouver le lieu précis de la cache, celui où la boîte est cachée.

- Constituer le contenu de la boite avec le texte de présentation du Géocaching, le logbook, le crayon et quelques "trésors" en fonction de la taille de la boîte. 
- Créer la cache sur le site internet www.geocaching.com
- Noter le numéro de la cache sur le logbook ainsi que le nom du "cacheur" (ecolenuelles)
- Cacher la boîte

Et voilà ! 
Pour la suite : présenter la cache aux élus (les faire chercher ? ;-)) pour ensuite les faire parler de leur rôle dans la commune. 

Education aux medias et aux usages d’internet (B2i !!!)
Travailler le profil de la classe sur le site Géocaching.com
-               rédiger le descriptif du profil
-               prendre une photo
-               regarder les informations contenues dans le profil : qui peut les voir, qu’est-ce que les gens peuvent apprendre sur nous (le lieux où on se trouve à un moment donné.

Exemple : si je trouve plein de caches à Marseille alors que j’ai écrit que j’habite Nuelles c’est que je ne suis pas chez moi, je suis à Marseille. Si c’est mon patron qui m’envoie à Marseille il peut voir que je fais du géocaching au lieu de travailler.

mercredi 20 février 2013

Soutien à la liberté de la recherche ... et à Bruno Deffains

"Il est 6h50. On sonne à votre domicile. Vous ouvrez, les policiers sont là. Un huissier vous met en demeure de laisser un expert informatique procéder à des recherches dans le disque dur de votre ordinateur. Vous avez alors le loisir de lire ce que l'on vous reproche : avoir publié dans la presse un article qui a déplu à une puissante société commerciale.

Vous ne rêvez pas, c'est ce qui est arrivé récemment à Bruno Deffains, professeur d'économie à l'Université Panthéon-Assas. Une requête auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris, visant au dépôt d'une plainte pour « dénigrement » a abouti à cette détestable matinée.
Le débat éclairé et loyal, l'argumentation fondée sur des faits établis et des théories étayées n'est pas seulement un exercice intellectuel. Il s’agit surtout d’un élément central du fonctionnement de toute démocratie. Il n'est pas nécessaire de partager les conclusions de l'étude de Bruno Deffains pour s'indigner des procédés intimidants dont on a fait usage à son endroit. "
(extrait du texte de la pétition de soutien  B. Deffains)

Cette situation nous concerne tous, et cette mésaventure pourrait nous arriver, si nous ne faisons rien... C'est pourquoi je vous invite à signer la pétition de soutien à Bruno Deffains, en ligne ici.

Pour s'informer avant de signer :

Le Nouvel Observateur

Libération

Le Figaro étudiant


Vous pouvez vous faire une idée des aspects économiques du débat en consultant l'interview croisée de Bruno Deffains et David Thesmar dans les Echos


et l'article initial (à l'origine de cette affaire)

NB : L'adresse de la pétition a changé, pour des raisons techniques. Merci de la re-signer si vous l'aviez déjà signée !


jeudi 11 octobre 2012

éMOOCion

Ayé. J'ai mis le pied dans le Mooc... Pourvu que ça porte bonheur ! Il y a quelques mois, Jean-Marie Gilliot et Christine Vaufrey avaient lancé l'idée : organiser le 1er Massive Online Open Course français. Et puis à la rentrée, alors que le Master Architecture de l'Information a pris son rythme de croisière, v'la t'y pas que je dois analyser un système d'apprentissage en ligne pour l'une des UE. La veille, le Mooc Itypa (Internet, Tout Y Est Pour Apprendre) a été lancé, et mes camarades (je vous en ai déjà parlé : les jeunes, beaux, dynamiques, intelligents étudiants du master #archinfo) ont décidé de pallier les insuffisances de notre Moodle en organisant un environnement d'apprentissage expérimental utilisant Google, et voilà, j'ai plongé, je me suis inscrite au MOOC. C'est pas comme si j'avais pas le temps.
Mais je n'y suis pas allée seule : avec moi, les géniaux (je pèse mes mots) Quentin et Ghita, ont envie de découvrir à la fois le sujet (c'est vrai ça : comment peut-on organiser son propre environnement d'apprentissage en ligne ?) et de découvrir ce qu'est un  MOOC : comment ça marche ? Comment on y apprend ?
Ce soir, en bons retardataires, c'est notre premier direct. Je suis au loin, dans un Starbuck pour trouver la connexion qui me donnera accès à la visioconférence, Quentin est à Lyon, et avec (combien ?) des tas d'autres ça discute pratiques numériques pour apprendre.
Une fois la visio terminée, je prends la perche tendue au vol : Sur Youtube, j'enregistre ma vidéo de présentation. C'est inaudible (merci les gens de faire chut quand j'enregistre, et non madame, on ne fait pas fonctionner le percolateur quand ma caméra tourne !) et ça coupe avant la fin (Youtube ma censurée !). Mais je trouve ça génial de montrer qu'on peut apprendre dans un café, qu'on peut participer depuis un café bref, que nous vivons une époque moderne (oui oui c'est une citation de Philippe Meyer).

Mes petits camarades et moi-même publierons un blog spécial pour raconter nos aventures. Ça pourrait s'appeler : "On se MOOC de nous" ! ;-)))

* Y'a quelque