mercredi 18 avril 2012

Je suis nul en histoire géo

C'est pas moi qui le dis (je suis forte en grammaire et en orthographe, pas d'erreur), c'est mon fils. Il a onze ans, et il sait pourtant expliquer à sa sœur ce que sont les thermes gallo-romains qu'on a vus hier à Lyon.

Les thermes de Lugdunum, Source Wikipedia

"C'est bizarre ces ruines au milieu de ces bâtiments tout neufs." a-t-il ajouté. En plus il est pas nul en géo, il se pose les bonnes questions. Na.
"Qu'est-ce qui te fait dire ça ?" lui répond donc sa mère, prof d'histoire - géo et donc experte pour déterminer qui est nul en histoire - géo ou pas.
"J'ai des mauvaises notes", me répond-il.

Ah oui mais ça mon chéri, ça veut juste dire que tu es nul pour comprendre ce que ton prof attend de toi.

Mais comme je ne comprends pas toujours non plus... et comme tu vas changer de prof d'histoire - géo tous les ans, c'est pas vraiment le plus important.

Et voilà que ma fille de 9 ans s'en mêle : "Les notes, ça veut rien dire. C'est la maitresse qui l'a dit. D'ailleurs elle a dit aussi que l'année prochaine elle ne nous mettra plus de notes. Elle en a marre d'en voir qui pleurent ou qui se moquent quand elle donne les notes. Et puis de toutes façons les notes ça veut rien dire, même pas que t'es nul."

J'adore mes enfants. Ils sont pas nuls. Pas du tout.

lundi 19 mars 2012

Dommage ! Ça marche pas !

La semaine dernière, je m'énervais sur les filtres. Cette semaine, c'est pire. Après avoir passé trois heures en salle informatique de mon lycée tout neuf, je suis vraiment très énervée contre les conditions technologiques dans lesquelles nous travaillons.
Petit rappel :
"Le ministère de l’Éducation nationale mène depuis de nombreuses années une politique d’impulsion en faveur des Technologies de l’Information et de la Communication dans l’Enseignement (TICE),
Cette politique, désormais portée par la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO), se traduit notamment par des actions visant à améliorer et accompagner l’équipement numérique des établissements, à soutenir le développement et la production des ressources et à développer les usages du numérique par les enseignants et les élèves, de la maternelle au lycée."
Jean-Yves Capul,
Direction générale de l’Enseignement scolaire
Ministère de l’Education Nationale
et également :
"L'accompagnement personnalisé [...] s'appuie sur les technologies de l'information et de la communication pour l'éducation (TICE). Il prend notamment la forme de travaux interdisciplinaires."
Circulaire n° 2010-013 du 29-1-2010
" Dans la mesure où l'éducation aux médias concerne toutes les disciplines, il convient d'engager une exploitation plus grande de tous les médias : journaux, magazines, radios, télévisions, etc. Au sein du lycée, l'expression des élèves est également à encourager : journaux scolaires et lycéens, radios et vidéos d'établissement, sites internet, etc."
Circulaire n° 2010-012 du 29-1-2010
 Ça tombe bien, je suis chargée de l'accompagnement personnalisé en seconde, et de l'ECJS en Terminale, notre salle informatique a moins de trois ans, je l'ai réservée à l'avance, j'ai des idées... En accompagnement personnalisé, mes secondes préparent des diaporamas et visites Google Earth pour présenter des projets d'aménagement de notre territoire. Un travail au long cours qui se termine la semaine prochaine. Mes Terminales, eux, sont invités à réaliser une vidéo qui dénonce une injustice et proposer une solution. Motivés, ils ont bossé (chez eux, même !), et en classe il n'y a plus qu'à .... Travailler !

Ah oui mais là... c'est compter sans la technologie
...
Florilège :
M. allume son ordinateur. Connexion au réseau impossible. M. Change d'ordinateur, deux fois. Ça marche.
M. ouvre son fichier, y travaille. Enregistre.
OK pas grave, M. a un compte Google Docs. Copions-collons donc sur un fichier texte dans Google doc ! Double clic sur Firefox, zut ...





Marche pas.

C'est rien y'a internet explorer.
Ah oui mais non : Ce navigateur ne supporte pas Google Docs (ou l'inverse ! ). Firefox, si, mais bon...

 





























Bon, travaillons un peu sur la vidéo, M. a trouvé une image à mettre dans la vidéo. Elle l'enregistre...


Non plus.
On se rabat sur la préparation de la vidéo ? Ouvrons Windows Movie Maker !


...
Ça se passe de commentaire.
Je crois qu'ils vont s'insurger sur les conditions technologiques dans lesquelles ils sont censés apprendre. Ils vont la faire sur leur propre ordinateur, ou sur leur téléphone (qu'ils n'ont théoriquement pas le droit d'allumer). Ou alors faire comme P., élève de seconde, fatigué de ne pouvoir ouvrir sa clef USB faute du mot de passe administrateur exigé, de ne pouvoir télécharger Google Sketchup ou aller sur Facebook chercher le fichier qu'il s'est envoyé. P. a booté l'ordi sur le CD Linux portable qu'il s'est fabriqué. Il installe ce qu'il veut (me demandez pas comment), va où il veut, sans aucune barrière. Je surveille du coin de l’œil. Ouf, il est sérieux, il travaille.
Mais pour ça il a dû pirater le système, dézinguer toutes les barrières (y compris celles qui pourraient éventuellement être utiles), avec la bénédiction désespérée de la prof désabusée.

Je crois (pure rhétorique. En fait je suis sûre)  que nous avons besoin d'une personne qui s'occupe de la maintenance de notre système informatique et du matériel. Les quelques heures allouées à notre collègue de SI sont censées lui permettre de nous installer les programmes dont nous avons besoin, de créer les identifiants des uns et des autres, et il s'en acquitte parfaitement au delà de ces heures payées. Avec d'autres dégourdis, il tente parfois (bénévolement) une bidouille qui répare. Mais ce n'est pas sont métier ! Alors vite ! Donnez-nous les moyens de travailler avec les outils du XXIème siècle !!!




lundi 12 mars 2012

Dommage ! C'est interdit !


Oui, c'est interdit. Ce qui était interdit ce matin, c'est d'accéder à Facebook depuis les postes de la salle informatique (y compris le mien perso à moi que je me suis acheté avec mes sous de prof et que j'ai prêté à mes gentils élèves). C'est dangereux, Facebook.

Remarquez je n'ai qu'à pas utiliser Facebook avec mes élèves. Je suis prof d'histoire-géo, pas "amie" sur les réseaux sociaux. Mais voilà : mes chouettes élèves de secondes ont réalisé un film pour leur présentation sur les énergies renouvelables, dans le cadre du cours de géo qui va bien avec le sujet. Ils ont intégré le film dans une présentation Openoffice, le seul logiciel disponible pour ça sur les ordis. Mais Openoffice plante, et la vidéo est illisible. Argh. La vidéo est sur l'iphone de L., qui n'a pas son cable. "De toute façon y'a pas Itunes, madame". Hummmm....
Les élèves se mobilisent, proposent Dropbox (ça ne marche pas non plus, la faute au téléphone), Youtube (le film est trop long). Par mail ? Il faut couper. Illumination : "On va mettre la vidéo sur Facebook !!!" dit B., la copine. Ce qui fut dit fut fait, et rapidement encore ! La récré arrive ? On reste là, on se connecte...
...
(Suspens. Vous imaginez la musique ? Tatatatatatatata....)
 ...

Rhâ, c'est interdit !!!

Pas grave. On rajoute une petite lettre à l'adresse du site de réseau social bien connu des listes noires académiques et hop ! On se connecte, péniblement tout de même car il faut répéter l'opération à chaque changement de page. Et puis voilà T., plutôt féru d'informatique (il a programmé un exerciseur pour réviser les repères du brevet et vient de faire sa présentation sur l'hydro électricité... dans Google Earth). Et T. donne l'adresse d'un proxy qui permet sans effort de contourner l'interdiction académique. On va l'avoir, cette vidéo !!!
Ah oui mais non  : il faut mettre à jour le plugin de xxx, logiciel indispensable pour lire la vidéo. Et je n'ai pas les codes administrateurs. On télécharge sur une clef grâce au logiciel que T. nous conseille (là j'avoue,  je n'ai pas suivi), on la branche sur l'ordi de la prof ( celui qui est à elle perso et qu'elle s'est achetée avec ses sous de prof), la vidéo s'affiche... et s'arrête après 10 secondes. Ça ne doit pas être permis non plus de télécharger une vidéo de Facebook.

Sur cette vidéo, mes élèves présentaient l'intérêt de l'énergie solaire pour chauffer la piscine voisine. C'est dangereux, sûrement. Ils n'ont eu aucun problème à mettre cette vidéo sur internet, malgré les interdictions. En revanche, ces filtres nous ont empêché de la regarder. Merci les filtres.

samedi 3 mars 2012

Lipdub en cours : qu'est-ce qu'ils apprennent

Je l'ai écrit dans un billet précédent, mes élèves de seconde réalisent un lipdub. Pas vraiment original vu que les jeunes UMP, les Verts, l'école Centrale, la Sorbonne et l'hôpital du Sacré Coeur ont fait le leur depuis longtemps. Mais pour moi c'est le premier et je suis assez épatée par ce qui se passe dans la classe.

D'abord, choisir la chanson. Cela veut dire qu'il a fallu discuter de ce dont nous parlions. Le thème est imposé par ... moi (c'est bon d'être chef un peu) mais "Les consommation à risque", ça veut dire quoi exactement ? La parole se libère timidement, on parle drogue, alcool, sexe, comportements...

Ils proposent ensuite des chansons. Presque toutes datant de l'antiquité (je veux dire : les années qui ont vu ma naissance), je m'étonne. "Aujourd'hui madame, les chanteurs quand ils parlent de drogue ils sont plutôt "pour" !". On aborde le pourquoi, on trouve d'autres chansons, parfois en anglais, il faut traduire. Les sites de traduction des paroles montrent leurs limites, les traducteurs en ligne aussi, on va vers les dictionnaires...

Nous avons choisi "Snow", des Red Hot Chili Peppers.


On décortique chaque paragraphe, on discute sur la situation décrite : A quel moment il a commencé, pourquoi ? Il se demande ensuite s'il est dépendant, évoque son isolement social, cela évoque des situations réelles, pas forcément vécues, mais connues. Bref, on travaille le sujet d'éducation civique que j'ai choisi. Youpi !

Il faut ensuite construire le scenario : pour chaque scène, comment illustrer la situation par des gestes, des accessoires, des lieux, des mouvements de caméra ? Il faut faire correspondre la situation évoquée par la chanson à une situation concrète. Le travail continue, la suite me paraît de nature à travailler l'éducation aux médias. Je vous raconterai. 

dimanche 29 janvier 2012

Une conférence (in english) sur les atouts de la recherche collaborative pour la recherche en éducation

Vidéo de la préconférence ESERA

Addressing the Complexity of the Educational Setting with Collaborative Research. A Case Study about Game-Based Learning.
E. Sanchez & C. Jouneau-Sion – EducTice- IFÉ - ENS Lyon
ESERA_001.png
During the last few years our team has been involved in research into the use of games for secondary education. Researchers and practicing teachers collaborate to address the complexity of educational settings focused on a Game-Based Learning approach. Our research methodology is a design-based process aiming at refining both theory and practice regarding the design of games and its impact on learning outcomes.
Our presentation will focus on the description of the research methodology. It will also offer the opportunity to discuss the benefits and limitations associated with this methodology.

samedi 21 janvier 2012

J'aime pas mettre des notes

Je corrige des copies de Terminales et évidemment, je cherche tous les prétextes pour faire une pause. C'est pas que je n'aime pas corriger des copies mais... en fait si, je n'aime pas du tout corriger des copies quand je sais que 1) je mets des notes qui ne vont pas faire plaisir 2) dont je reste persuadée que données à 10 autres collègues j'aurais eu 10 notes différentes, donc ça veut rien dire et 3) j'ai beau soigner mes commentaires, j'ai la nette impression que ça ne va pas servir à grand chose.

Alors je regarde mes tweets, je papote, je raconte mes perles, tout ça. Et je décide de vous raconter comment je note.
D'abord avant de corriger je bâtis ma grille de critères. En fait pour mes secondes normalement elle est sur le devoir. Pour les terminales ma grille s'inspire très précisément de la fiche méthodologique de l'exercice type bac que je donne.

Ne rêvez pas : cette grille n'est pas un barême. Non. Ma note est globale (oui oui même quand il y a des questions) et suit cette progression inspirée par François Jourde (un de mes museaux - le masculin de muse - )

Alors comment je fais quand j'ai des questions ? Ben ... je note les questions, je note la synthèse, et la note globale est issue de ma grille et non la somme de mes deux notes. Bon en fait, si je suis logique avec moi-même et si j'ai réussi à bâtir un savoir-faire "notation" qui va bien, en réalité la somme de mes notes et relativement proche de ma note globale parce que finalement, je note les questions comme ça aussi. Hé hé futé non ?
"C'est du pif" vous allez me dire. Non. Pas plus que mettre 1,75 à la question 2 de la partie III qui va s'ajouter au 2,25 de la question 3 de la partie I pour faire avec le reste une note de 12,75.


mercredi 4 janvier 2012

Un lipdub sur les consommations à risque


Ce matin en ECJS, mes élèves et moi nous sommes engagés dans l'aventure du lipdub. De mon côté j'ai été aidée dans la démarche par ce site

Voici ce que nous avons dessiné ce matin :
  • Activité 1 Choix de la chanson (de la musique) 
- La chanson que nous allons choisir parlera de drogues dures et des drogues "douces" comme le cannabis, de l'alcool, des médicaments, de tabas et aussi de sexe. 
- Les premières propositions des élèves (j'ai pas dit oui ! )
Empire of the seum, alhaz
Génération sexe drogue et vodka, King V (euhhhhh....je mets pas le lien)
L’histoire d’un ado, Danakil
- Mes propositions (ben quoi, j'ai pas le droit ? )

Poison, de Alice Cooper
Un truc rapide : Minor Threat - Straght Edge (ça fait du bruit !)
Mother's little helper, des Rolling Stones
Le commun des mortels, Awoid
  • Activité 2 Écriture des paroles sur le thème choisi (si jamais on trouve une musique dont on veut changer les paroles)
  • Activité 3 Scénario et mise en scène
La classe est divisée en plusieurs groupes.

- Chaque groupe va travailler sur les paroles et les gestes qui les accompagnent :
    • Trouver les gestes qui peuvent illustrer la chanson.
    • Chaque groupe présente en la mimant une partie de la chanson, puis fait répéter les gestes aux autres groupes.
Décider maintenant si on veut montrer son visage ou pas (vie privée, identité numérique) de façon à l'intégrer au scénario.

- Construire autour de ces gestes un scénario, un mouvement continu :
    • Imaginer un parcours dans les différentes salles
    • comment mettre en scène paroles et gestes ? 
    • combien faut-il d’acteurs à chaque étape ? 
    • faut-il des costumes, un décor ?
- Ecriture du scénario et de la composition du plan ( pourquoi pas un « story board » ? )
    • Penser à l'endroit que la caméra doit filmer.
  • Activité 3 Soigner le play-back (en exagérant l’articulation.)
  • Activité 4 Tournage  
    • Avec une simple caméra ou même un appareil photo numérique.  
    • Lancer la chanson et mettre le volume suffisamment haut pour que les acteurs l’entendent au fur et à mesure que la caméra les filme, car c’est la chanson qui servira de colonne vertébrale et reliera toutes les images. 
    • Ne pas oublier le stabilisateur d’image !
    • Faire la synchronisation son / image
  • Activité 5 Quel destin pour cette œuvre ? 
    • Visionner le film
    • Et décider ensemble (et avec les parents si les visages sont visibles) si on publie.
    • Va-t-on placer la vidéo sur Youtube ? Quels sont les enjeux ? Comment faire ? ouvrir un débat sur la vie privée, les nouveaux médias,
D’après http://www.netemploi.fr/2011/12/lipdub-outil-d-apprentissage/#more-4645