dimanche 28 février 2010

Une visite du Paris révolutionnaire

Sortie à Paris avec des élèves de 4ème sur le thème de la Révolution française, par Mathieu Dumont et Caroline Jouneau-Sion

Vous devez réaliser un parcours pédestre de deux heures maximum sur le thème de la Révolution française.


  • 1ère séance : choix des lieux à visiter et de la thématique du parcours (par groupes)
Documents : Carte + fiche 1
  • 2ème séance : Sortie à Paris

- Départ 7 h
Test 1 : Saurez-vous respecter une heure de Rendez-vous ? (sur une aire d'autoroute)

- 11h Arrivée place de la Bastille
Test 2 : Saurez-vous lire un plan et vous rendre à un point de rendez-vous ? 
Rendez-vous au musée Carnavalet (D'abord sous la surveillance des enseignants, puis de la place des Vosges au musée Carnavalet, seuls)

- Midi : visite du musée
Trouvez un objet qui illustrera votre parcours thématique.

- 14 heures : récolter des information et des photographies sur les lieux choisis
Fiche 3
Utilisez les appareils photos, vos téléphones portables et vos consoles de jeux !


- Rendez-vous à 15h45 place de la Concorde pour le départ.

  • 3ème séance 3 (2 heures): 

* Récoltons les photographies prises
* Etude d'une plaquette touristique afin de relever les éléments à mettre dans la plaquette de votre parcours.

* Construisez votre dépliant de présentation

mardi 15 décembre 2009

Un entretien au journal des TICE

J'ai répondu au nouveau né des publicatoins TICE, Le Journal des TICE
Bon, c'est un peu au fil de la plume... et dans mes anciennes fonctions. Mais les questions sont intéressantes !

mardi 24 novembre 2009

Comme des grenouilles dans une casserole

Je ne me souviens plus qui m'a donné cette expression mais je la trouve vraiment appropriée.

Cet article (et le message que les parents d'un des jeunes tentent de faire tourner) sur des étudiants condamnés à 3 mois de prison avec sursis à cause d'une manif' un peu chaude devrait nous alerter sur les libertés publiques. Lorsqu'on le rapproche de la disparition du défenseur des enfants ou de la commission de déontologie des policiers au profit d'un défenseur des droits nommé par le 1er ministre, ça fait froid dans le dos.

A l'école, on supprime des postes mais on installe des caméras et des policiers référents. Mais ils n'auront pas le droit de donner de fessée, c'est promis ! ;-)

Et si l'on parle de nationalité et des étrangers, ce n'est guère mieux ! On se souvient de cette vidéo montrant Brice Hortefeux exprimant un racisme assumé. La semaine dernière, Besson va au-delà de la lutte déjà souvent abusive contre les mariages "blancs" et annonce la lutte contre les "mariages gris" 
Les vilains étrangers (et surtout, certainement, les vilaines étrangères) qui séduisent les bon français pour s'installer en France ? Beuuuuurk ! Ils pourraient, euh... quoi donc ? souiller la pureté de la race ?
Comme disait une copine l'autre jour : ça devient tout brun autour de nous. Et nous, pendant que ça chauffe dans la casserole, on trouve qu'il fait bon vivre.
Avant d'être tout cuits, lisons ou écoutons Matin Brun, de Franck Pavloff (ici en Pdf). Sinon, regardez ce magnifique travail scolaire :





dimanche 22 novembre 2009

A quoi sert Twitter ?

Juste pour donner suite à une question lancée sur Twitter, les réponses reçues :

frompennylane @cjouneau à discuter avec les copines et faire des concours de #meilleuremamandumonde ;) BOnne journée à vous


gtouze @cjouneau à signaler que les stands des fab4 sont bien cachés tout au fond là où il n'y a ni eau ni wifi


MilaSaintAnne A faire une bise à sa copine ! RT @cjouneau: Je montre Twitter à une clionaute. A quoi sert twitter ?


agentit @cjouneau à poser des questions à la communauté par ex


batier @cjouneau à quoi sert twitter éléments de reponse dans la conference qui commence dans 5 mn http://bit.ly/4rEwrO SPene_lyon1


gabrielito @cjouneau Twitter est une source d'information, permet de faire des recherches auprès d'une communauté plutôt qu'auprès de Google :-)


nathalyc @cjouneau bonne question ;-) Bienvenue à Paris Caro


gtouze @cjouneau à ne pas être seule sur le stand clionautes ?

En résumé ?
- du lien social (qui se prolonge dans la vraie vie : j'ai fini par rencontrer gtouze et elifsu, je connaissais déjà Milasaintanne et batier, je ne désespère pas de rencontrer en vrai frompennylane !)
- de l'information
- de l'aide
- une prise de notes collective

mardi 13 octobre 2009

Je suis une prof bluffée

Mes élèves de 4ème m'ont bluffée.
J'ai des élèves difficiles. Loin d'être idiots (ils me l'ont encore prouvé tout à l'heure), ils sont en revanche fort peu intéressés par ce qui se passe à l'école, et la vie en collectivité rime davantage avec "pet", "sarbacane" et "boulette" qu'avec "respect" (de l'autre) et "travail".
Afin de rendre le cours intitulé "Le poids de l'Europe dans le monde" un tantinet plus intéressant, je leur ai proposé de choisir l'une des affirmations suivantes :
- les Etats-Unis sont plus puissants que l'Europe
- L'Europe est plus puissante que les Etats-Unis
puis de me la démontrer, à l'aide d'un dossier documentaire fourni.

1ère surprise : ils réclament une discussion sur ce que signifie "puissant". Indispensable certes, mais je suis contente de ne pas avoir à l'imposer. Nous parvenons à un schéma.

2ème surprise, pendant le travail de groupe sur le dossier documentaire : "Madââme ! Ca va pas, y'a des trucs où c'est les Etats-Unis les + forts, et des fois c'est l'Europe !". Nuancer, c'est en effet indispensable, mais ce n'est pas moi qui le leur ai soufflé !

Puissance Euro USA


3ème surprise, la présentation orale. J'ai annoncé les critères d'évaluation, parmi lesquels la pertinence des arguments lorsqu'on est au tableau, et la pertinence des questions posées lorsqu'on est dans le "public". Est-ce la compétition ainsi induite ? Le propos est sérieux, le niveau de langage est bon, avec les "mots outils" que nous avons tant de mal à obtenir pour lier deux idées entre elles. Et surtout ... les données sont interprétées à juste titre, croisées ("Les Etats-Unis sont avancés dans le domaine de la science : la mortalité est faible, c'est parce qu'ils sont bons en médecine, la preuve ils ont eu le prix Nobel de médecine cette année ! C'est certainement aussi parce qu'ils ont de très bonnes universités"). Ils avaient des connaissances (la participation des E-U à l'ONU, la valeur relative de l'euro et du dollar). J'ai même eu, spontanément et sans intervention aucune de ma part, la critique de la carte sur la puissance militaire américaine : elle permet de voir la puissance américaine mais pas de comparer avec l'Europe, puisqu'on n'y voit que les Etats-Unis.

Alors voilà : je suis bluffée. Bien sûr, je n'ai pas eu l'écoute respectueuse de la part du public, seuls 3 ou 4 élèves dans la salle étaient attentifs aux autres, sur la vingtaine. Mais une fois "on stage", quel feu d'artifice !

Les ingrédients de cette fête ? Le défi, un sujet qui fait partie de leur univers, même lointain, la compétition qui a donné lieu à des débats très argumentés, l'autonomie, le travail oral, pour des élèves qui sont assez faibles à l'écrit. En tous cas, je recommencerai !

jeudi 24 septembre 2009

Les Tice ne font pas tout

[Une banalité, certes. Mais tant pis, je la dis quand même. ]

Premier contact avec mes élèves de 4ème cette année. Remplissage de l'emploi du temps, que je recopie au tableau, de la liste de profs et là, je remarque T..., au premier rang, qui hésite, en retard sur les autres. Je m'approche, il arrête de travailler. Plus tard, j'apprends que T... ne sait ni lire ni écrire, qu'il sait recopier mais, de son propre aveu, "pas sans faute". Une dyslexie soupçonnée mais pas diagnostiquée, pour des tas de raisons familiales. Que faire ? Je demande à mon réseau Twitter qui me répond "utiliser le mp3", type d'expérience dont j'ai déjà entendu parler et qui fonctionne, parfois.


Me voilà donc assise à côté de lui, lui proposant mon aide technologique. T... me regarde et ricane, hausse les épaules et se détourne. Quelques jours plus tard, il me jette à la figure "Vous êtes complètement débile, avec vos histoire de mp3 et tout !". Il est visiblement blessé, alors je range ma techno et je m'assieds à côté de lui quand je peux (dans cette classe très agitée, c'est difficile), je note ses réponses, qui viennent rarement, et nous désespérons ensemble.

Aujourd'hui, j'étais en train de noter ses réponses judicieuses à un exercice pas très compliqué qu'il avait visiblement bien compris quand un autre, B...,  m'interpelle. "J'ai rien compris !", clame B.... tout fort. Je regarde T., je lui demande d'aller expliquer l'exercice à son camarade et il me regarde, interloqué : "Je ne peux pas ! Ch'sais pas l'faire !".

Et là je me dis qu'avant d'introduire une technologie quelconque, il va falloir que nous trouvions le moyen de renforcer l'estime de soi chez ce garçon*...

 * ce qui peut passer par une technologie qu'il maîtrise !

lundi 7 septembre 2009

Le "tout numérique" à l'ère du tout ou rien

La presse se déchaîne en ce moment sur le thème du numérique à l'école. Chouette, ça m'intéresse. Le dernier en date, repéré par Philippe Watrelot dans sa revue de presse (quoi ? Je n'achète pas Libé dans un kiosque ???), me fait de nouveau réagir.

«L'école n'est pas prête à passer au tout-numérique»

Dit donc Libé aujourd'hui. Et moi qui suis prof dans un établissement équipé avec deux salles informatiques et demi (et quart, devrais-je dire : un PC en windows 98, ça compte pour la moitié d'un XP non ?) et de quelques vidéoProjecteurs non fixés, je me demande avec angoisse ce que Libé entend par "tout numérique", et appréhende quelque peu le passage du "no numérique" ou presque, au "tout numérique". Non, c'est faux : ce que j'appréhende réellement, c'est la remise en cause scientifique de mes méthodes pédagogiques plutôt investies par les TICE ces dernières années... et la remise en cause de l'équipement des écoles sous ce prétexte.


A la lecture, je me rassure : l'article évoque le manuel numérique, et la lecture uniquement sur support numérique qui semble n'être pas faite pour tout le monde . Mais, cher Libération, qui a parlé de ne lire que le manuel ? Pascale Gossin, maître de conférence en Sciences de l’information et de la communication à l’université de Strasbourg, interviewée, semble l'avoir bien compris : dans une classe, un enseignant fait des tas d'autres trucs, en plus de faire lire le manuel. Et il y a aussi pas mal d'autres choses à travailler que la lecture avec les outils numériques : faire écrire, écouter, créer ...

Même à ce propos, l'article met en doute l'efficacité des outils numériques sur l'apprentissage : "Scientifiquement, ce n’est pas démontré".Et là, je suis entièrement d'accord !!! C'est la même chose avec les marteaux. Oui oui, je voudrais mettre en doute l'efficacité du marteau pour accrocher des tableaux au mur. C'est vrai, les faits le prouvent : clous tordus, trous dans le mur, doigts meurtris et tableaux qui tombent. Mais voilà : sont-ce les outils ou les situations dans lesquelles on les emploie ? Ou encore la compétence de ceux qui tiennent l'outil ? André Tricot, que j'ai entendu aux rencontres du CRAP cet été, disait : "l'usage des technologies ne peut être efficace que s'il part d'une situation pédagogique pensée" (je cite de mémoire). Autrement dit (et j'applaudis): au diable les outils, pourvu qu'on ait une situation pédagogique !". Oh là ! J'en vois certains sauter de joie... Mais cela ne signifie pas qu'on peut jeter les ordis à la poubelle ! Comme Pascale Gossin le suggère également, les enseignants n'ont plus le choix et doivent utiliser et former à l'utilisation des outils modernes de communication.


Et voilà, le problème est là : nous sommes formés à une pédagogie transmissive, alors que lesdits outils offrent un savoir (même désorganisé), suggèrent une mise en activité et une démarche autonome. Merci donc à l'article de Libé et à son interviewée de le souligner : il faut nous FORMER, poursuivre la recherche sur les usages des TICE et changer, que dis-je, révolutionner notre façon d'envisager l'école. Nous n'avons plus le choix : nous ne sommes plus les sources du savoir.


Note : Mon étonnement reste, tout de même : parler du "tout numérique" est, au vu de l'équipement de bien des écoles, des collèges et des lycées, un peu exagéré !